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Les Ateliers Intermédiaires

 
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Romulux



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Localisation: Caen

MessagePosté le: 10 Jan 2008 à 11:05    Sujet du message: Les Ateliers Intermédiaires Répondre en citant

Le projet de réseau dont la deuxième réunion qui avait pour objectif de mettre les choses à plat et préparer concrètement sa mise en place a eu lieu aux Ateliers Intermédiaires, association dont nous sommes adhérents et que je vous invite à découvrir à travers cet article paru dans la revue Mouvement :

http://www.mouvement.net/site.php?rub=2&id=9c15ff338d74f803

REPORTAGE / ENQUÊTE
Sans toit ni loi, ou presque
Les Ateliers Intermédiaires (périphérie non dramatique internationale)

date de publication : 03/01/2008 // 5376 signes

Fédérant plusieurs associations artistiques de Basse Normandie, Les Ateliers Intermédiaires occupent une partie du Hangar, à Caen, pour opposer aux « puissances d’oppression » une force synergétique de création résolument tournée vers l’avenir. Un lieu qui s’expérimente.

Ce n’est pas encore un phalanstère, mais cela pourra bientôt y ressembler. Les Ateliers Intermédiaires sont une association caennaise qui, dans un entrepôt de 270 m2, regroupe une dizaine de compagnies de danse, théâtre et marionnettes, ainsi que des structures d’arts plastiques et d’audiovisuel, autour d’un projet de mutualisation. Tout comme le Bazarnaom dans la même ville – mais dans une énergie différente – ce projet d’intérêt collectif tente de poser une solution ambitieuse au manque de moyens et d’espaces pour les jeunes émergents (bien que la jeunesse n’y soit jamais critère de sélection). Ils y remédient en mutualisant un espace de stockage, tout en offrant un lieu de travail et de réunion avec un plateau blanc de 50 m2.

Mais Les Ateliers Intermédiaires – dont le second intitulé est : périphérie non dramatique internationale – est avant tout un projet politique qui démontre pour le moment une véritable synergie et une envie d’en découdre avec le manque de perspective pour le spectacle vivant. C’est un espace de fédération, de réflexion, de partage et de mise au travail. Un îlot de résistance, mais qui, bien plus que de résister, se veut force de propositions, d’inventions et de vie. Fondé par le comédien et metteur en scène Laurent Frattal, qui insiste cependant pour dire que « l’essentiel n’est pas d’avoir un lieu, mais d’avoir lieu », Les Ateliers Intermédiaires fonctionnent sur un mode autogéré et collégial, dans le refus d’un pouvoir centralisé. C’est en cela aussi qu’ils définissent un lieu avant tout symbolique, où chaque membre prend part aux décisions et est porteur d’un projet qui semble vouloir confirmer les propos d’un Edouard Glissant quand il dit : « Opposons aux puissances d’oppression l’éclat de la relation par quoi nous refusons de réduire un lieu ni de l’élire en Centre clos ». Face à certaines rigidités institutionnelles tels que les théâtres d’Etat et autres Centres Dramatiques (dont il faut malgré tout défendre coûte que coûte l’existence), Les Ateliers Intermédiaires se veulent vivants et informels dans leurs investigations, ils expérimentent et prônent l’hospitalité – Derrida disait qu’elle signifiait d’abord d’accepter d’être dérangé. Cette jeune association accorde donc beaucoup d’importance au partenariat, qu’il soit institutionnel ou non, tout en restant ferme quant à son autonomie et son indépendance. Si elle fait appel aux tutelles, c’est pour défendre une idée fédératrice et solidaire en faveur des jeunes compagnies innovantes, qui peinent à se faire une place dans un paysage culturel de plus en plus dévasté (gel et baisse du budget de la culture, peu ou pas de subvention pour les « nouveaux arrivants »). Et on ne peut que féliciter les partenaires locaux d’avoir pour l’instant montré une oreille attentive à ce projet avec enfin une véritable volonté d’aider ce qui semble être l’avenir de la vie culturelle locale. Espérons seulement que ces aides seront conséquentes et durables.

Depuis leur récente installation dans la zone portuaire de la presqu’île de Caen, Les Ateliers Intermédiaires débordent de projets et construisent petit à petit une visibilité d’envergure auprès du public et des institutions. L’inauguration devrait avoir lieu en mars. Plusieurs festivités s’y dérouleront : des concerts, des performances, des formes courtes et des projections, avant de réfléchir plus sérieusement à la mise en place d’un festival « indisciplinaire » de création. Mais pour le moment, le lieu n’est qu’une bâtisse à l’esthétique post-industrielle, dont le passé a laissé quelques traces de vie laborieuse : c’est ce qui convient parfaitement à l’esprit rock de ce petit groupe qui refuse toutes coquetteries mais souhaite aller beaucoup plus loin. Le lieu s’aménage progressivement des espaces de convivialités où seront disponibles des accès Internet, un pôle de ressources et de documentations pour consulter des vidéos, des revues ou des informations sur les compagnies de la région et d’ailleurs.

Ce collectif regroupe notamment des associations qui commencent à être de plus en plus reconnues pour l’exigence de leur travail, tant sur le plan local qu’au niveau national : il s’agît entre autres de la compagnie Chantiers21Théâtre portée par Antonin Ménard, de la compagnie Rictus de David Bobée, du Clair Obscur de Frédéric Deslias ou de Projet Libéral de Thomas Ferrand et Jean-Baptiste Julien, (quatre compagnies dont Mouvement a pu en diverses occasions déjà relayer le travail), du Dernier Soupir de la chorégraphe Sophie Quénon, du Teatr Sizu, de la compagnie Sans souci, mais aussi de la Kie du Globe, menée par les frères Fauvel, deux comédiens aux talents excellents. A tous ceux là, s’associent La Fée d’Avril, les Ateliers du Courts et leur projet de fédération audiovisuel RADAR, mais aussi un vivier monstrueux d’acteurs, d’éditeurs et d’amateurs. Souhaitons leurs longue vie et bon vent. Souhaitons leur de devenir un pôle de référence humble et décentralisé, mais alerte sur les dangers qui se profilent.

Suzanne Tardigrade
_________________
Romuald PORETTI
Tél. +33 2 31 82 09 18
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