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Attention Cinéma Danger
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Romulux



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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:38    Sujet du message: Attention Cinéma Danger Répondre en citant

Commencer par quoi ? Voici de quoi méditer et s'engager...

Article paru le 23 novembre 2007 dans l'Humanité.

TRIBUNE LIBRE
« De l'exception culturelle à l'exécution culturelle »

PAR JACK RALITE, SÉNATEUR DE LA SEINE-SAINT-DENIS
Benjamin Franklin déclarait : « La démocratie doit être autre chose que la réunion de deux loups et un agneau qui votent pour savoir ce qu'on mange ce soir. » Ces deux loups sont l'Elysée de Nicolas Sarkozy et les grands diffuseurs comme Martin Bouygues ; l'agneau est l'art, la culture et tous leurs acteurs.
Deux réunions, l'une lundi dernier au Théâtre du Rond-Point, l'autre avant-hier au Cinéma des cinéastes, témoignent que l'agneau refuse de se laisser manger et a décidé de se battre.
Lundi, tous les employeurs du spectacle vivant public et privé ont réclamé un « Grenelle de la culture » au président de la République face à un simulacre de budget 2008 de la culture, chaque jour apportant la preuve d'artifices de présentation des crédits masquant des reculs ou des stagnations alors que sont annoncées des progressions.
Mercredi vingt organisations, auteurs, producteurs, artistes interprètes, agents, techniciens, syndicats ont protesté contre le report du décret concernant les obligations patrimoniales des diffuseurs votées à l'unanimité dans la loi sur la « télévision du futur » par les députés et sénateurs. Comme disent ces organisations, cela « peut conduire de l'exception culturelle à l'exécution culturelle ».
Je voudrais sur ce fond de riposte à développer d'urgence, allumer un projecteur sur l'arbitrage du premier ministre quant au gel des crédits de la culture.
Depuis plusieurs années, les institutions culturelles se voyaient attribuer une subvention dont une partie était gelée, donc inutilisable sans feu vert de l'état. En 2007 ce gel concerne 0,15 % de la masse salariale et 5 % des crédits de fonctionnement et d'investissement. En général, tout ou partie était dégelé à l'automne. Cette année le gel est maintenu. Pour 2008 ce n'est plus de gel dont il s'agit, mais de glaciation. Mme Lagarde, qui a osé déclarer : « La France est un peuple qui pense. J'aimerais dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches ! », a eu une « pensée » que vient de ratifier le premier ministre contre l'avis du ministère de la Culture : le gel est transformé en annulation (provisoire !) de crédits, c'est-à-dire en diminution de subventions. Cela concernerait, en 2008, 0,45 % de la masse salariale et 6 % du fonctionnement et de l'investissement. Pour le seul fonctionnement, les subventions vont être diminuées de 330 000 euros pour l'Odéon, de 375 000 euros pour Chaillot, de 475 000 euros pour la Comédie-Française, de 250 000 euros pour le Théâtre national de Strasbourg, pareillement pour le Théâtre national de la Colline, près d'un million d'euros pour la Cité de la musique. Ce n'est plus un simulacre, c'est le début d'un massacre. Tout cela s'inscrit dans la « Révision générale des politiques publiques » (RGPP) décidée par le président de la République, dont on dit en interne au ministère de la Culture que l'objectif est de minorer de quinze à vingt pour cent les crédits de la culture. Un cabinet haut de gamme y travaille et a déjà visité l'Opéra, Chaillot, le Conservatoire, le Musée d'Orsay, etc. On se trouve dans un « mariage cruel », comme disait Jean Vilar.
La même décision, pas encore dite, chemine cependant pour toutes les institutions et associations culturelles ayant une responsabilité consacrée par l'état. Ce sont les DRAC qui aviseront d'ici à Noël. D'ores et déjà certains équipements, outre ces 6 %, sont informés d'une soustraction de leur subvention. C'est bien sûr un casse-tête chinois qui ôte par exemple à la Scène nationale de Bar-Le-Duc 150 000 euros sur les 300 000 qu'elle reçoit de l'état. Plusieurs opéras sont touchés dans les régions, avec parfois une correction clientéliste : l'opéra de Tours avait perdu 300 000 euros, il les a récupérés. L'ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, y serait-il pour quelque chose ?
Les fonctionnaires de la culture, qui sont de grande compétence, connaissent eux-mêmes un certain désarroi. Jusqu'ici ils faisaient leur travail en tant qu'individualités, mais avec une référence à un « nous » qui était la politique culturelle de la République. Or ce « nous » est supprimé et il ne leur reste que leur « je ». Souvent en culture, et c'est très bien, les gens sont « solitaires-solidaires » comme dirait Camus. Maintenant ils ne sont plus que solitaires. Et ils ne sont pas eux-mêmes sans connaître une certaine déchirure.
La politique culturelle française devrait reposer sur l'audace de la création, l'élan du pluralisme, l'obligation de production, la maîtrise de la diffusion, l'atout d'un large public, la coopération internationale, c'est-à-dire sur une exigence de responsabilité publique. Tout cela est bafoué. Un tournant historique est engagé. Le président de la République ne respecte pas sa parole donnée dans la campagne électorale : « La culture a besoin d'aide si on ne veut pas que la loi du profit à court terme décide
de tout. » Nous y sommes. Tout est ramené à l'éphémère et à l'obligation « de traiter économiquement le capital humain ». L'immatériel est identifié aussi bien à l'innovation, à la recherche qu'à la publicité, à la marque, à l'entertainment, à l'esprit d'entreprise. L'homme défini comme un « capital humain » serait géré, comptabilisé, traité comme un signe dans un bilan comptable, comme un « actif immatériel ». L'enjeu est de capter des « rentes immatérielles ». Si nous n'y prenons garde, nous sommes au point ultime de l'extension de la logique financière à toute la société. Le rapport (« L'économie de l'immatériel »)
de Jean-Pierre Jouyet, alors Président de l'Inspection des finances, et de Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, exprime le contenu de cette politique avec en son coeur une dérégulation généralisée qui est en route en faveur de l'audiovisuel privé. Les vingt organisations réunies au Cinéma des cinéastes l'ont démontré à travers les projets gouvernementaux d'augmenter la publicité et de supprimer le seuil de 49 % du capital d'une chaîne commerciale pour un même actionnaire, ce qui a réjoui publiquement ceux qui s'intéressent au cours boursier de TF1. Ce n'est pas une originalité, nous dit-on. Il y a quelques années cela concernait les tuyaux. Aujourd'hui il s'agit des contenus. Les comptables en sont les nouveaux censeurs. Comme dit l'homme de théâtre anglais Baxter : « Le comptable applaudit quand le parterre est plein, mais plein de quoi ? » Nicolas Sarkozy a donné sa pensée dans la lettre de mission qu'il a écrite à la ministre de la Culture : « Veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public. » C'est tout le contraire de la création, un des problèmes politiques de notre pays. Les créateurs sont maltraités, les spectateurs sont méprisés. L'esprit des affaires s'empare des affaires de l'esprit. Contre cela, créateurs et spectateurs doivent se trouver. Ce pays, qui est une terre des arts et de la création et qui a une tradition de respect et d'écoute du monde du travail, peut et doit cheminer dans le chaos du moment vers une alliance des forces de la création et des forces du travail. En assistant aux deux importantes réunions du Théâtre du Rond-Point et du Cinéma des cinéastes, en y ayant eu une écoute profonde, j'ai senti qu'on pouvait répondre à Péguy quand il disait : « Je n'aime pas les gens qui réclament la victoire et qui ne font rien pour l'obtenir, je les trouve impolis. » J'ai rencontré dans ces réunions de grandes politesses qui commencent à se retrouver. Saluons ces politesses - sans oublier, bien entendu, les intermittents malmenés depuis 2003 - et faisons un souhait d'espérance, qu'elles aient ensemble des excès de courtoisie en faveur de la création, « cette blessure qui devient une lumière », dirait Braque.
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Romulux



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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:39    Sujet du message: Appel au cinéma et à l'audiovisuel 18/12/2007 Répondre en citant

Cinéma et Audiovisuel, vers le démantèlement de la diversité culturelle en France ?

Une très forte baisse du soutien de l’État menace aujourd’hui la diffusion culturelle du cinéma et de l’audiovisuel sur tout le territoire.
Sans en préciser l’ampleur, les services du Ministère de la Culture et de la Communication et du Centre National de la Cinématographie confirment, dès 2008, une forte baisse des crédits déconcentrés disponibles en DRAC (Directions Régionales des Affaires Culturelles), pour les festivals, les associations régionales de salles, les circuits itinérants et, plus généralement, l’ensemble des acteurs de l’action culturelle cinématographique du territoire français. Le désengagement de l’État dans ce domaine serait catastrophique pour l’ensemble de la filière. En effet, ce soutien financier de l’État (déjà très modeste avec moins de 5 millions d’euros en 2007) est vital pour la survie d’un grand nombre d’actions jouant un rôle essentiel dans la « démocratisation culturelle » qu’appelait de ses voeux le Président de la République dans sa lettre de mission à Madame la Ministre de la Culture. Sont menacés :

* la circulation des oeuvres et leur rencontre avec un public large et diversifié,
* la diffusion du patrimoine cinématographique,
* l’accès à la diversité de la production (court métrage, documentaire, animation, fiction, expérimental…),
* la sensibilisation et la formation des publics, notamment le jeune public en temps scolaire et hors temps scolaire,
* l’aménagement culturel du territoire notamment en zone rurale et péri-urbaine.

En outre, cette action culturelle nullement symbolique ou à la marge, génère activités, résultats et emplois au bénéfice de l’ensemble du cinéma dont elle contribue depuis des années au renouvellement. Affaiblir les acteurs de la diffusion culturelle c’est immédiatement limiter les ressources des salles de cinéma, des distributeurs, des producteurs, des auteurs et des réalisateurs et, par là même, menacer le champ de la création. Menace imminente de rupture d’une politique d’aménagement culturel établie jusqu’ici selon le principe fondamental de l’égalité entre les citoyens français.

Le Chef de l’État et les Ministres de l’Éducation Nationale et de la Culture ont légitimement désigné l’éducation artistique et culturelle
comme une priorité. Or, l’éducation à l’image ne peut se développer si on affaiblit l’extraordinaire maillage des relais de cette action.
S’agissant d’éducation artistique et culturelle autour du cinéma, les réseaux de salles de cinéma, festivals et autres associations partenaires des différents dispositifs jouent en effet un rôle déterminant. Ils ont permis aux projets École et cinéma, Collège au cinéma, Lycéens et Apprentis au cinéma, Passeurs d’Images, d’exister et de s’amplifier. Sans ce réseau, pas de dispositifs ambitieux de découverte du cinéma par les enfants, qu’ils soient encadrés par l’école ou par les animateurs socio-culturels.

Ces opérateurs, dans les domaines de la diffusion ou de la création, ont pu s’appuyer depuis de nombreuses années sur des cadres de
coopération politique innovants et structurants voulus et soutenus par le Ministère de la Culture : le développement des conventions Etat- Régions, la nomination de nombreux conseillers cinémas dans les DRAC ont accompagné et consolidé l’ensemble de leurs actions en faveur de la diversité culturelle. Cette remise en question aurait pour conséquence à très court terme de rompre ce pacte de solidarité au détriment des territoires les plus fragiles. Il y a aujourd’hui urgence à infléchir les arbitrages budgétaires en cours. Ils mettent en danger les acteurs de la diffusion culturelle du cinéma, et ce, d’autant plus, qu’ils sont menés sans aucune concertation. Sans une préservation des moyens financiers, les conséquences sur l’emploi culturel local et sur l’économie des nombreux territoires
concernés seront désastreuses.

C’est au Ministère de la Culture qu’il appartient de redonner un sens à la part « non rentable » de l’activité humaine, celle de l’art et de la culture Parce que le cinéma est aussi un Art, le Ministère de la Culture avait jusqu’à présent toujours contribué directement à poser et entretenir l’équilibre entre Art et industrie, soutenant financièrement en région des organismes dont l’objectif est de rendre accessibles partout en France des oeuvres cinématographiques nombreuses et variées à des publics eux-mêmes variés.
Si la politique n’est pas seulement une affaire de gestion et d’argent, il en est de même pour le cinéma, dont la diversité a besoin d’une politique culturelle d’Etat ambitieuse pour perdurer. Après le soutien réaffirmé en mars 2007 à Montréal par 38 coalitions pour la diversité culturelle au sein de l'UNESCO, ce désengagement, s'il se confirmait, constituerait un très mauvais signal à l'attention de nos voisins et partenaires européens vis-à-vis desquels la France a toujours joué un rôle moteur dans la reconnaissance du cinéma comme un art à part entière.

Nous qui créons, fabriquons, produisons, diffusons, accompagnons des films partout en France, qui amenons le cinéma dans les villages, les quartiers, les écoles, dans des salles et aussi dans la rue, dans les hôpitaux ou dans les prisons, qui organisons des festivals, des ateliers, des rencontres entre les professionnels et le grand public, nous qui soutenons un cinéma de qualité, de courage, d’indépendance et de création, dans le cadre d’une politique nationale concertée et durable fondée sur l’intérêt général, dans le cadre de la reconnaissance par l'OMC du principe de l'exception culturelle et pour la diversité culturelle soutenue par l'UNESCO, appelons solennellement l’État à réaffirmer la place du cinéma et de l’audiovisuel dans le champ de l’art et de la culture, invitons largement les personnes, les structures, organisations syndicales, professionnelles et associatives qui se sentent concernées ou solidaires à se mobiliser dans la vigilance à chaque échelon du territoire, et, pour combattre ensemble les effets négatifs des arbitrages budgétaires pour 2008, nous leur donnons rendez vous le vendredi 11 janvier à 11H30 à Paris pour une rencontre de tous les acteurs de l’action culturelle en France
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:41    Sujet du message: et entre temps à Caen... Pathé y met du sien. Répondre en citant

Communiqué de presse du Cinéma LUX le 24 décembre 2007

Le film de Sean Penn « En pleine nature (Into The Wild) », que nous annonçons en sortie nationale le 9 janvier pour une durée d’exploitation de 4 semaines, fait l’objet d’un litige et d’une procédure en cours entre le cinéma Lux et le groupe Pathé (production, distribution, exploitation).

Le film, produit et distribué par Pathé, nous avait, en effet, été réservé pour assurer son exploitation en version originale sur l’agglomération caennaise, au même titre que l’ensemble du réseau de salles « art et essai » de France. Mais, le groupe Pathé « afin d’expérimenter la version originale dans ses salles du centre ville de Caen », a choisi finalement de le positionner au Pathé Lumière et de nous retirer la copie qui nous était destinée.

Outre les conséquences immédiates que cette décision abusive risque de provoquer (perturbations sérieuses sur la programmation du Lux - qui relève de réels choix que nous défendons auprès du public à travers un programme mensuel tiré à 25000 exemplaires – et, par conséquent, sur son équilibre financier), elle nous inquiète également pour l’avenir du secteur art et essai sur l’agglomération caennaise, l’un des plus dynamiques de l’hexagone : manifestation claire d’une volonté politique affichée à Caen comme à Hérouville Saint-Clair, elle repose à la fois sur le soutien des collectivités publiques, mais, également, sur la capacité pour le Lux et le Café des images de maintenir un niveau de ressources propres important et, donc, les niveaux de fréquentation qui sont les leurs et qu’ils ont atteints à force de conquête des publics. Ce sont nos 260 000 spectateurs qui, très probablement, encouragent le groupe Pathé à lorgner du côté de l’art et essai et à expérimenter la version originale dans la perspective de l’implantation du futur multiplexe dont il pourrait être l’opérateur… Nul doute que si le multiplexe en question s’aventure sur leurs plates-bandes, Lux et Café des Images seront rapidement fragilisés et ne pourront pas maintenir longtemps la richesse et la pluralité de leurs activités…

Nous avons donc décidé d’enrayer cette velléité en portant cette affaire devant le « médiateur du cinéma » et en alertant nos spectateurs et les pouvoirs publics, afin de les prévenir des risques que représenterait, pour l’art et essai et la politique culturelle de nos salles, un repositionnement de Pathé en centre ville.

S’agissant du film « En pleine nature », nous ne sommes pas en mesure de parier sur l’issue de la procédure que nous venons d’engager. Si sa déprogrammation au Lux est confirmée, nous vous tiendrons informés à partir du 4 janvier et par tous les moyens (presse, tracts, site internet…) des modifications qu’elle engendre.

Persuadés que nous pourrons compter sur votre soutien, chers spectateurs, nous vous prions de recevoir nos meilleurs vœux pour l’année nouvelle.

L’équipe du Lux
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:43    Sujet du message: La réponse du médiateur au différent LUX/Pathé un espoir Répondre en citant

Communiqué de presse du cinéma LUX au 4 janvier 2007

Nous avons le plaisir de vous informer que dans le litige qui opposait le Cinéma Lux au groupe Pathé pour la programmation en version originale du film « Into the Wild » (En pleine nature) de Sean Penn, le « médiateur du cinéma » a reconnu la richesse du travail art et essai accompli à Caen et dans son agglomération et l’antériorité des salles existantes. Il a donc donné gain de cause au cinéma Lux et a engagé le distributeur à lui fournir une copie du film.
La programmation de « Into the Wild » (En pleine nature) dans nos salles est donc confirmée : sortie nationale en VOSTF sur nos écrans le mercredi 9 janvier aux horaires indiqués dans le programme du mois de janvier.
Cette décision est d’autant plus rassurante et encourageante pour l’avenir qu’elle s’accompagne d’une prise de position sur l’exploitation cinématographique à Caen et, notamment, sur l’équilibre indispensable entre le secteur art et essai et le secteur dit « commercial ».
Elle nous fait d’autant plus plaisir qu’elle coïncide symboliquement avec une autre annonce : la nomination de Sean Penn à la présidence du prochain festival de Cannes…
Nous en profitons pour remercier tous ceux qui, par leurs marques de sympathie et leur bonne volonté, nous ont apporté soutien et encouragements.
L’équipe du Lux
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:44    Sujet du message: Le cinéma d'en bas danger Répondre en citant

Article paru dans libération le 7 janvier 2008

Le cinéma d’en bas en danger :
Subventions. Le transfert des crédits du ministère vers le CNC menace les petites structures.

Depuis des semaines, la panique monte dans les rangs des associations de cinéma, après l’annonce par le ministère de la Culture et le Centre national de la cinématographie (CNC) d’une importante baisse (dont l’ampleur n’est pas encore précisée) des crédits déconcentrés en Drac (Directions régionales des affaires culturelles). Les nombreuses actions décentralisées (festivals, programmation de salles de proximité, actions éducatives…) dépendent des subventions de l’Etat distribuées par les Drac. Or, le

Gel. Le CNC bénéficie d’une augmentation de ses subsides, suite à la loi de mars 2007 sur la «télévision du futur». Le ministère estime donc qu’il peut sans trop d’états d’âme se retirer doucement du jeu. Le CNC devra, au terme de négociations, épauler certains festivals jusqu’ici aidés par subventions publiques, mais le tri sera forcément violent.

Alertés par les rumeurs de baisse des budgets, les professionnels du spectacle vivant (musique, théâtre, danse…) ont donné de la voix et obtenu de la ministre Christine Albanel un gel de la situation, via une rallonge de 34,8 millions d’euros en 2008 pour «apaiser les inquiétudes». Des entretiens ce mois-ci rue de Valois avec les professionnels du secteur et les grandes associations représentant les collectivités territoriales sont censés calmer les esprits.

Crise. Au lieu de rassurer le milieu du cinéma, ce sauvetage du spectacle vivant est désormais perçu comme la volonté de la part du ministère d’extirper le cinéma de ses prérogatives.

Les annonces de ces baisses de subventions interviennent dans un climat de crise latente du secteur qui est, depuis un an, confronté aux enjeux du basculement vers le numérique, conversion économiquement lourde et qui devrait laisser sur le carreau bon nombre de petites salles qui ne pourront pas s’équiper. La charge judiciaire d’UGC et MK2 contre des cinémas subventionnés par des municipalités (notamment le Méliès de Montreuil, attaqué pour «abus de position dominante») a relancé le sentiment désagréable d’une logique d’écrasement des petits par les gros (Libération du 25 septembre 2007).

Ce scénario est contesté par des cinémas indépendants d’art et essai (Utopia à Bordeaux et Toulouse, Diagonal à Montpellier…), non subventionnés par les municipalités et regroupés sous le sigle ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés). Dans un communiqué, ils entendent décrire une situation plus complexe que ne l’auraient présentée les médias et en appellent à un «Grenelle de l’exploitation», qui «fixerait enfin les droits et devoirs respectifs, chacun jouant cartes sur table et chiffres au clair».

Les nombreux signataires de la pétition contre la baisse des subventions, quant à eux, se donnent rendez-vous vendredi, au cinéma Saint-André-des-Arts (Paris VIe), pour un «rassemblement national des acteurs de la diffusion culturelle et de l’éducation artistique».
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:47    Sujet du message: Réponse dans l'après-midi du ministère Répondre en citant

Communiqué de presse du ministère de la Culture le 7 janvier 2008

A la suite de l’article paru dans « Libération » lundi 7 janvier sur les
subventions allouées aux associations chargées de l’action culturelle cinématographique, de l’éducation à l’image et de l’organisation de festivals en régions, le ministère de la Culture et de la Communication précise que la nouvelle enveloppe budgétaire qui lui a été accordée à la fin du mois de décembre bénéficiera aussi à ces actions.
Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) pourront donc intervenir en faveur de ces associations, au regard de l’intérêt et de la qualité des actions proposées, dans des conditions comparables à celles des années précédentes.
Par ailleurs, dès 2008, un certain nombre de festivals de cinéma, jusque-là soutenus par les DRAC mais ayant acquis une dimension nationale, voire internationale, comme le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand ou le Festival d’animation d’Annecy, seront subventionnés par le Centre national de la cinématographie (CNC), comme c’est déjà le cas pour d’autres festivals de notoriété comparable et pour les programmes d’éducation à l’image (école, collège, lycée au cinéma).
Enfin, à la suite des propositions du rapport d’Eric Gross au ministre de l’Education nationale et à la ministre de la Culture et de la Communication, sur l’éducation artistique et culturelle, des discussions vont s’ouvrir entre les services du ministère et les associations engagées dans les actions d’éducation à l’image par le cinéma, pour le développement de ces actions.
Paris, le 7 janvier 2008
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:50    Sujet du message: La position d'Utopia Répondre en citant

EDITO COMMUN - UTOPIA / PANDORA

Vous l’avez sans doute lu, il se passe quelque chose au Royaume des salles de cinéma. Après le ralliement des salles du réseau MK2 à la carte UGC, fait qui est finalement passé comme une lettre à la poste, sans trop d’agitation et de remous ; voilà un nouveau débat qui, lui fait un peu plus de vagues : la décision par le groupe UGC d’empêcher par voie juridique l’extension du cinéma Le Méliès de Montreuil. Amplement relayé par les médias et le monde artistique, le conflit entre la salle municipale et UGC est peut-être l’occasion rêvée pour repenser les politiques des villes à l’égard du cinéma et de mettre le doigt sur les ambivalences, les contradictions et les disparités d’un système qui se veut le défenseur d’une certaine idée que les pouvoirs publics se font des salles de cinéma, mais peut parfois, aussi, produire des dommages collatéraux préjudiciables à l’ensemble des salles indépendantes (municipales ou non).
Depuis 4 mois, une association regroupant des salles indépendantes fondatrices (Utopia, Pandora, l’Alhambra de Calais) et d’autres a vu le jour. ISF (Indépendants, Solidaires, Fédérés), c’est son petit nom, a pour objectif faire connaître la spécificité de notre travail et de nos points de vue, de mettre en commun des outils d’information et de travail pour assurer une meilleure promotion aux films que nous choisissons, de constituer un groupe de réflexion et de propositions.

Vous l’avez sans doute lu, il se passe quelque chose au Royaume des salles de cinéma. Après le ralliement des salles du réseau MK2 à la carte UGC, fait qui est finalement passé comme une lettre à la poste, sans trop d’agitation et de remous ; voilà un nouveau débat qui, lui fait un peu plus de vagues : la décision par le groupe UGC d’empêcher par voie juridique l’extension du cinéma Le Méliès de Montreuil. Amplement relayé par les médias et le monde artistique, le conflit entre la salle municipale et UGC est peut-être l’occasion rêvée pour repenser les politiques des villes à l’égard du cinéma et de mettre le doigt sur les ambivalences, les contradictions et les disparités d’un système qui se veut le défenseur d’une certaine idée que les pouvoirs publics se font des salles de cinéma, mais peut parfois, aussi, produire des dommages collatéraux préjudiciables à l’ensemble des salles indépendantes (municipales ou non).
Depuis 4 mois, une association regroupant des salles indépendantes fondatrices (Utopia, Pandora, l’Alhambra de Calais) et d’autres a vu le jour. ISF (Indépendants, Solidaires, Fédérés), c’est son petit nom, a pour objectif faire connaître la spécificité de notre travail et de nos points de vue, de mettre en commun des outils d’information et de travail pour assurer une meilleure promotion aux films que nous choisissons, de constituer un groupe de réflexion et de propositions.

Voici sa première communication officielle :

« Suite aux articles parus dans Le Monde, Libération et L’Humanité, concernant le projet d’extension de trois à six salles du cinéma de Montreuil, nous tenons, salles indépendantes, classées Art et
Essai / Recherche, ne dépendant ni des grands groupes, ni des politiques municipales, à faire valoir notre modeste point de vue, sur une approche un peu trop simpliste du problème.
En effet, s’il se trouve que ce projet est contesté par deux puissants opérateurs qui semblent y voir une forme de concurrence déloyale, il nous semble opportun de souligner que nous nous sentons nous-mêmes, petits opérateurs privés, interpellés par une réalisation qui transforme, de fait, un cinéma public de bonne tenue en compétiteur dans la « cour des grands » et fait d’un élu le véritable bénéficiaire d’une opération qui ne sert qu’à alimenter les tensions sur un marché qui n’en a guère besoin.

Cette politique nous inquiète, car elle s’inscrit dans une dérive de plus en plus délirante des collectivités locales, qui vont jusqu’à intervenir dans le développement de petits multiplexes généralistes ou de salles municipales qui n’ont, pour beaucoup, ni ligne éditoriale claire, ni soucis de gestion, leur financement se faisant sur un argent public pourtant de plus en plus compté. Ajoutons à cela une généralisation de « festivals paillettes » dont beaucoup, très dispendieux, ne visent qu’à produire un effet d’image, grands consommateurs d’avant-premières, au détriment de l’intérêt même de la carrière future des films et des salles concernées par leur programmation.
Cette politique nous inquiète, car les recours engagés contre le projet de Montreuil risquent de menacer le principe même des aides sélectives du CNC (Centre National de la Cinématographie), celles-là même qui permirent parfois à des salles indépendantes de qualité d’exister, sans qu’il soit fait allégeance aux élus locaux et sans qu’il soit fait appel au contribuable.
Regroupées dans l’association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) nos salles tiennent à rappeler que les graves tensions perceptibles aujourd’hui dans l’exploitation trouvent sans doute leur origine dans les retours sur investissement nécessaires à l’amortissement de multiplexes qu’elles furent bien souvent seules à combattre.
Tout comme elles furent aussi parmi les seules à combattre la mise en place de la carte UGC Illimitée.

Nos salles tiennent en outre à affirmer qu’il n’y a pas d’un côté des salles municipales et des salles indépendantes parées de toutes les vertus et de l’autre des grands circuits de diffusion nourris de tous les vices. La situation qui prévaut aujourd’hui dans notre pré carré d’exploitants de cinéma est à l’image du monde dans lequel nous vivons : confus, compliqué et chaotique. Il est des salles municipales qui effectuent dans des endroits géographiquement ou sociologiquement difficiles un travail remarquable avec un soutien trop chichement compté. Il est des salles municipales qui bénéficient de véritables rentes de situation.
Il est des cinémas comme les nôtres, indépendants des circuits et des pouvoirs publics, qui, non contents d’en découdre avec les uns et les autres, se voient très souvent mis en danger par des créations dans leur proche zone d’influence de salles municipales subventionnées.
Il est des groupes, que nous avons souvent violemment combattus, qui contribuent parfois, pour notre malheur d’artisans, à jouer un rôle positif dans la diffusion d’un cinéma diversifié: se plaindra-t-on que Promesses, film israélo-palestinien, Il a suffi que maman s’en aille, oeuvre d’un auteur français trop discret, et bien d’autres aient trouvé parmi les multiplexes un soutien qu’ils ne trouvaient pas auprès des salles indépendantes?

La situation est complexe, contradictoire, souvent douloureuse pour les uns comme pour les autres. ISF appelle donc les pouvoirs publics à un Grenelle de l’exploitation qui fixerait enfin les droits et devoirs respectifs, chacun jouant cartes sur table et chiffres au clair. »

Pandora & Utopia
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Dernière édition par Romulux le 08 Jan 2008 à 14:56; édité 1 fois
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:53    Sujet du message: Les interrogations d’un spectateur d'Utopia Répondre en citant

Les interrogations d’un spectateur

« Après le ralliement des salles du réseau MK 2 à la carte UGC, fait qui est finalement passé comme une lettre à la poste, sans trop d’agitation et de remous ; voilà un nouveau débat qui, lui, fait un peu plus de vagues : la décision par le groupe UGC d’empêcher par voie juridique l’extension du cinéma Le Méliès de Montreuil, amplement relayée par les medias et le monde artistique, serait peut-être l’occasion rêvée pour repenser les politiques des villes à l’égard du cinéma et de mettre le doigt sur les ambivalences, les contradictions et les disparités d’un système qui se veut le défenseur d’une certaine idée que les pouvoirs publics se font des salles de cinéma, mais peut parfois aussi, produire des dommages collatéraux préjudiciables à l’ensemble des salles indépendantes (municipales ou non). »

Le début de l’édito commun Utopia (St-Ouen / Pontoise) – Pandora d’octobre 2007 est pour le moins surprenant... L’offensive contre un cinéma d’Art et Essai, à la programmation exemplaire, Le Méliès de Montreuil, ne justifierait donc pas la réaction solidaire et immédiate de tous les exploitants attachés à une certaine idée du cinéma. Non, elle serait seulement l’occasion rêvée de repenser les politiques de la ville à l’égard du cinéma. La suite de la lecture montre que loin d’être une réaction locale, il s’agit d’une position de principe commune à tous les Utopia et leurs disciples, d’Achères, de Calais et peut-être d’ailleurs, réunis au sein de l’association « Indépendants, Solidaires, Fédérés » (ISF * ). Le premier communiqué officiel de l’ISF prend donc prétexte du recours devant le Tribunal Administratif formé par UGC et MK2 contre l’autorisation d’extension du Méliès pour montrer que la situation dans le monde de l’exploitation est confuse, compliquée, chaotique et qu’i faudrait plus de transparence.

Certes, mais était-ce bien le moment de lancer le débat ? Qu’est-ce qui est essentiel aujourd’hui du point de vue d’un spectateur curieux et ouvert comme les aime Utopia ? Pouvoir continuer à voir les films qu’il aime et que les seuls circuits traditionnels ne lui permettent pas de voir.

Quelles sont les salles qui lui permettent de voir ces films ?

1. Des salles dirigées par des exploitants privés. C’est le cas de ceux regroupés sous la bannière ISF.
2. Des salles publiques, soutenues par des municipalités éclairées. C’est le cas du Méliès, soutenu par la municipalité de Montreuil. Prétendre, comme le fait le communiqué que le maire de Montreuil serait « le véritable bénéficiaire » de ce projet n’a guère de sens. Depuis quand serait-il électoralement payant de subventionner une salle à la programmation aussi pointue ? Ce n’est pas, en tout cas, l’analyse qu’ont faite les maires de Cergy et de Conflans, le premier se mettant totalement au service d’UGC et le second votant d’une main en CDEC l’extension du multiplexe Pathé et arrosant de l’autre le cinéma municipal de centre ville.
3. Des multiplexes, pour des raisons commerciales. C’est le cas de nombreuses salles parisiennes qui y trouvent leur intérêt. Ce fut le cas de l’UGC Ciné Cité de Cergy le Haut qui, dans un premier temps, pouvait programmer 5 à 6 VO par semaine. Quand ils se sont aperçus que cette programmation suicidaire ne permettait pas d’en finir avec Utopia, ils sont revenus à des choix nettement plus commerciaux.

Ce spectateur choisit-il son cinéma en fonction de sa structure juridique ?
Non. Les seuls critères de choix qui vaillent sont la programmation, la proximité et le prix. Le cinéphile de Cergy va à Saint-Ouen ou à Pontoise, celui de Montreuil ou de Rosny va à Montreuil. Ni l’un ni l’autre ne se préoccupant de savoir s’il entre dans un lieu public ou dans un lieu privé.

Ce spectateur défend-il son cinéma en fonction de sa structure juridique ?
Non. Les 5000 pétitionnaires et les 1700 spectateurs d’Utopia qui adhèrent à l’ASCUt en 2003 ne défendent pas un cinéma privé. Ils défendent un cinéma qu’ils aiment. Leur cinéma. Et ils ont raison. Les spectateurs qui se mobilisent aujourd’hui autour du Méliès ne sont pas les agents électoraux du maire de Montreuil. Ils défendent un cinéma qu’ils aiment. Leur cinéma. Et ils ont raison.

Le point de vue défendu par l’ISF a-t-il un sens pour ce spectateur ?
Oui. A condition de ne pas mettre tout le monde dans le même sac :

* Le Cinéville de Conflans, mis sous perfusion par la mairie, dont la programmation est souvent concurrentielle à celle de Pandora et Le Méliès qui ne menace personne.
* Le cinéma municipal de Vauréal, dont la création ne correspondait à aucun besoin réel, étant donné la proximité de nombreuses salles et Le Méliès qui ne menace personne.

L’appel à un débat sur les politiques de la ville à l’égard du cinéma est-il pertinent ?
Bien sûr. Mais surtout pas au moment où un lieu comme Le Méliès est menacé. Le seul mot d’ordre ne peut être aujourd’hui que : tous aux côtés du Méliès contre UGC et MK2, dont le but est de liquider un petit adversaire pour de mauvaises raisons, en attendant de s’attaquer à d’autres. Il sera temps ensuite de réfléchir aux politiques de la ville à l’égard du cinéma.

Un Grenelle de l’exploitation peut-il être une solution ?
Les symboles ont un sens. Choisir ISF comme nom est un clin d’œil. Appeler à un Grenelle est bien plus que cela. Rappelons que les accords de Grenelle de 1968 ont permis au pouvoir gaulliste et au patronat d’en finir avec une immense grève générale au prix d’augmentations de salaires, vite annulées par une inflation galopante.
Il s’agit sûrement d’un oubli de la part d’ISF qu’on n’imagine pas jouer, dans une telle réunion, le rôle de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), aux côtés d’UGC, MK2, Pathé et consorts qui joueraient le rôle du CNPF, l’ancêtre du MEDEF, face aux salles municipales qui représenteraient les syndicats de travailleurs. À moins que la référence n’existe que par rapport au récent Grenelle de l’environnement en ne considérant pas qu’il s’agit, là aussi, d’un marché de dupes, visant à faire croire qu’il serait possible de régler les problèmes de la planète et de ceux qui l’habitent sans remettre en cause la puissance des grands groupes économiques et la logique du profit. L’édito commun Utopia / Pandora se termine par un appel à plus de transparence et de concertation. Il ne faudrait pas oublier, avant toute chose, la solidarité envers une salle, Le Méliès, qui défend le cinéma qu’on aime ; une salle qui serait la nôtre si l’on habitait à côté, une salle menacée par ceux-là mêmes qui, au nom de la concurrence libre et non faussée, ne rêvent que d’hégémonie. L’Histoire ne manque pas de « petits » qui, n’ayant pas su s’unir à temps, se sont fait dévorer par les « gros ».

Lionel Zucker, spectateur d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône depuis la première Gazette.

* « Indépendants », certes ; « Solidaires », en tout cas pas d’un exploitant de qualité menacé par le plus grand des prédateurs ; « Fédérés », à condition de faire partie de la famille.
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 14:54    Sujet du message: Droit de réponse du Méliès de Montreuil à Utopia et ISF Répondre en citant

Droit de réponse du Méliès de Montreuil à Utopia et ISF

Chers spectateurs d’Utopia,

Vous avez sans doute été surpris, comme nous, choqués parfois (cf la lettre d'un spectateur sur le site d'Utopia), de voir la direction de votre salle de cinéma préférée produire un texte assez virulent explicitant son ralliement à la cause d’UGC et MK2 contre le projet d’extension du cinéma Art et Essai Le Méliès de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, cousin lointain des salles Utopia. Cette prise de position inattendue est apparue à beaucoup comme une alliance contre nature, un reniement, voire une trahison. Ajoutent au trouble provoqué le fait que ce communiqué de presse d’Utopia et affiliés (alias ISF) a été remis au député-maire de Montreuil en main propre par Guy Verrechia, PDG d’UGC avant même qu’il n’ait été publié et sa reprise dans Trois couleurs, revue des salles MK2, en guise de « soutien explicite ». Utopia, qui se dit, non sans excès, seul pourfendeur de la carte illimitée et des multiplexes (et que personne n’a, par exemple, entendu depuis la création de la carte illimitée commune UGC-MK2…), est devenu depuis cette parution la caution des circuits nationaux. La chose est suffisamment nouvelle pour être interrogée.

Revenons donc aux faits et au texte lui-même : les salles du réseau ISF se disent « interpellées (?) par une réalisation qui transforme, de fait, un cinéma public de bonne tenue (merci pour la condescendance !) en compétiteur (Utopia perçoit-il l’amour et la défense du cinéma comme une compétition ?) dans la « cour des grands » (Qui a les clés de la cour ?) ». Formulation fascinante, qui témoigne à la fois d’un agacement teinté de jalousie (eh oui, ça existe aussi dans le champ de l’exploitation) et d’un désir en miroir d’être admis naturellement comme l’un de ces « grands » tant fustigés, donc en l’espèce de ne pas être exclus d’un débat qui ne les concernait pas (qu’il y ait 3 ou 6 salles à Montreuil, pour Bordeaux ou Toulouse, imaginez l’enjeu…). En revanche, toute liaison entre cette intervention surprise en faveur des circuits et l’intérêt possible d’Utopia pour la reprise du Louxor à Paris (à propos duquel UGC vient d’annoncer qu’il renonçait par avance à faire appel pour « concurrence déloyale » en dépit du soutien au projet de la mairie de Paris), ne serait bien sûr que pure coïncidence…

Mais ce n’est pas tout : cette « réalisation, précise le texte, ferait d’un élu ( ???) le véritable bénéficiaire d’une opération qui ne sert qu’à alimenter les tensions sur un marché qui n’en a guère besoin ». Ce n’est donc pas Utopia qui, en tirant sur un de ses alliés naturels dans le champ de l’art et essai, « alimente les tensions » et accentue les divisions du mouvement. C’est le maire de la ville de 100 000 habitants poursuivi devant le Tribunal administratif par les circuits, parce qu’il entend défendre le cinéma Art et Essai sur 6 écrans et non plus 3 ! C’est la victime de l’agression qui est coupable de crier « au secours »… Et la question de la défense du septième art, de la spécificité des salles Art et Essai ou des salles municipales et associatives, d’être purement et simplement évacuée.

ISF se dit également « inquiet, car les recours engagés contre le projet de Montreuil (par UGC et MK2) risquent de menacer le principe même des aides sélectives du CNC ». Bien vu ! Or qui menace ces aides en ce moment, sinon Marin Karmitz, PDG de MK2, qui répondait à l’AFP : « Il y a plus grave que la concurrence déloyale des salles municipales » : les aides qu’octroie l’Etat aux salles pour faire de « pseudo actions culturelles » ! La position d’Utopia est donc des plus claires : la ville de Montreuil est coupable d’avoir eu de l’ambition pour le Cinéma, coupable d’avoir troublé l’ordre public en ne laissant pas aux seuls circuits la possibilité de se développer et coupable d’avoir fait du bruit pour se défendre après avoir appris qu’elle était poursuivie en justice (pétition à l’appui signée par 158 cinéastes internationaux dont 8 Palme d’or - Lynch, Kiarostami, Dardenne, Rosi, Schatzberg, Angelopoulous, Wenders, mais aussi Ozon, Ferran, Tavernier, Klapisch, Varda, Vincent, Desplechin, Abel Ferrara ou Wong Kar Waï…). Et UGC et MK2 ont raison de dénoncer les aides publiques, sauf celles que touche ou devrait toucher Utopia, puisque dans le même temps le réseau proteste, non sans raison, contre le refus de la communauté urbaine de Bordeaux de l’exonérer de taxes de parking exorbitantes, qui, comme en 2003, menaceraient leur existence. Les aides publiques, oui, mais à condition de ne pas trop en parler (c’est infamant sans doute) et si possible des aides pour soi, et pas pour les autres : comme pour MK2, qui attaque sans cesse les « salles subventionnées » où les films qu’il produit et distribue réalisent leurs meilleures entrées, on frôle la schizophrénie.

Au centre du débat se trouve donc la question de la légitimité de l’intervention des pouvoirs publics dans le champ de l’exploitation : légitimité nulle en milieu urbain pour MK2 et UGC. « Le cinéma est un commerce comme un autre », résume le directeur d’UGC, au mépris des conventions signées par la France à l’Unesco sur l’exception culturelle. Mais le libéralisme peu surprenant d’UGC sur la question du service public de la culture est rejoint par un regrettable poujadisme de gauche d’Utopia, qui associe le statut de salle municipale à une fantasmatique « allégeance aux élus locaux » ( ???), indique, non sans préjugé idéologique, qu’ « il ne peut y avoir de liberté de programmation sans indépendance financière » et reproche aux salles publiques de « ne pas avoir de soucis de gestion » (re ???) ! Toute salle publique (serait-ce valable pour les théâtres aussi, ou pour les bibliothèques ?) serait donc entachée d’un vice originel : elle ne saurait avoir de mérite, puisque personne n’y risque ses propres fonds… « S’il est si bon qu’on le dit le directeur du Méliès, qu’on privatise la salle qu’il dirige et après, on reconnaîtra son travail », défie virilement Utopia dans son blog, à l’unisson du site liberaux.org. Voici donc explicité le critère premier du mérite : l’argent et la capacité à gérer. On comprend mieux qu’Utopia se rapproche ces derniers temps d’UGC, dont il se veut sans doute le complément parfait, pour ne pas dire unique.

Or Le Méliès, Le Comoedia de Lyon, lui aussi attaqué par UGC, l’Association Française des Cinémas Art et Essai et le Groupement National des Cinémas de Recherches, se refusent à tomber dans ce piège grotesque qui consisterait à opposer les salles publiques et les salles privées au sein du mouvement Art et Essai (a fortiori à les penser bêtement en bons ou méchants, comme le prétend Utopia). N’est-il pas en effet préférable de considérer prioritairement la qualité du travail fourni par les uns et les autres (et celui d’Utopia est vraiment remarquable), quel que soit le statut juridique des établissements ? L’origine de l’argent ne saurait être le premier critère d’évaluation des salles, même s’il est parfaitement légitime d’être plus exigeant avec les salles qui, comme Le Méliès (doté, précisons-le au passage, des trois labels d’excellence du CNC) touchent des fonds publics.

Voilà donc comment, pour défendre sa boutique et ses intérêts personnels, Utopia en est venu à remettre en cause le principe même d’un service public de la culture, et le statut même de salle municipale, tout en craignant, non sans fondement, que ne soient attaquées, dans la foulée, les aides publiques d’autres natures, et notamment celles de l’Etat… Quant au fait qu’Utopia, chantre de la culture de gauche, surfe sur l’air du temps défavorable au secteur public, sans doute faut-il y voir un symptôme des troubles de ce temps.

Dans le même texte, Utopia se plaint également (tant qu’à faire…) du trop grand nombre de festivals de cinéma subventionnés : peut-être ont-ils alors accueilli comme une victoire personnelle l’annonce récente de la baisse très conséquente du budget des DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), qui risque de coûter leur existence à des dizaines d’associations et de festivals de cinéma en France… On regrette là encore une survalorisation des histoires personnelles et intérêts particuliers (la « rivalité » du festival Féminin de Bordeaux aidé par la mairie ou du cinéma Jean Eustache de Pessac). On savait que parfois la politique de programmation d’Utopia était davantage fondée sur des enjeux politiques qu’esthétiques. On ne se doutait pas que leur vision stratégique et leur souci de promouvoir leur (excellente) « marque » pouvaient se révéler aussi contre-productifs et finalement contraires aux intérêts du cinéma lui-même, que nous pensions sincèrement défendre ensemble.

Stéphane Goudet, directeur du Méliès, pour la ville de Montreuil.
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MessagePosté le: 08 Jan 2008 à 17:23    Sujet du message: Le ministère réagit à l’article paru hier dans Libération Répondre en citant

Cinéma : comptes et mécomptes
Subventions. Le ministère réagit à l’article paru hier dans «Libération».
OLIVIER SÉGURET

Il n’aura pas fallu vingt-quatre heures pour que le ministère de la Cultur réagisse, sur un ton légèrement pincé, aux informations publiées hier pa Libération concernant le désengagement de l’Etat d’un certain nombre d’animations du secteur cinématographique qu’il subventionnait jusqu’ici.

Au terme d’un jeu d’écritures en forme de tour de passe-passe, il apparaît en effet que l’Etat s’apprête à attribuer directement au CNC le pouvoir de distribuer les subventions liées au cinéma que géraient d’ordinaire les Drac (Directions régionales des affaires culturelles).

Garantie. Se réfugiant derrière le fait que les crédits alloués au CNC ont augmenté, suite à la loi de mars 2007 sur ladite «télévision du futur» (qui n’a pourtant pas de lien direct), l’Etat et le ministère de la Culture feignent de considérer qu’il ne s’agit là que d’une opération entre vases communicants et que l’argent soustrait ici se retrouvera intégralement là. Aucune garantie n’en est pourtant donnée pour l’instant. Et ce n’est pas le communiqué émis hier par la rue de Valois qui rassurera les professionnels du secteur, qui n’ont de toute façon pas besoin de cela pour être sur les dents. Entre l’impréparation, sinon le retard, du plan de conversion au numérique et les menaces que les oligopoles UGC et MK2 font peser sur leur commerce subventionné, les exploitants indépendants ne manquent pas de motifs d’inquiétude.

Lobbying. «A la suite de l’article paru dans Libération lundi 7 janvier sur les subventions allouées aux associations chargées de l’action culturelle cinématographique, de l’éducation à l’image et de l’organisation de festivals en régions, le ministère de la Culture et de la Communication précise que la nouvelle enveloppe budgétaire qui lui a été accordée à la fin du mois de décembre bénéficiera aussi à ces actions», explique, sibyllin, le communiqué. La «nouvelle enveloppe» (34,8 millions d’euros) dont il est fait état ne concernait à l’origine que le «spectacle vivant» (musique, théâtre et danse). Les professionnels de ce secteur, dont l’efficace lobbying avait conduit à cette rallonge, seront par conséquent ravis d’apprendre qu’il doivent la partager avec ceux du cinéma.
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MessagePosté le: 10 Jan 2008 à 13:16    Sujet du message: Cap au pire Répondre en citant

« Cap au pire », voilà qui pourrait résumer les orientations prises par le gouvernement en matière de politique culturelle.
La lettre de mission du président adressée le 1er aout dernier à sa ministre de la culture est un signe parmi d'autres de l'offensive idéologique qui s'opère contre le service public de la culture. En soumettant les artistes à « des obligations de résultats », au critère de la « popularité », en appelant au « développement du mécénat et des autres formes de financement privé de la culture », en mettant « l'action des pouvoirs publics au service de l'indépendance et de la prospérité des industries culturelles » et en insistant lourdement sur les restrictions budgétaires « pour que chaque euro dépensé soit un euro utile », l'Etat, au plus haut niveau, pose les jalons d'une conception populiste et commerciale de l'art et de la culture.
Cette orientation utilitaire s'est hélas confirmée en septembre par l'annonce en trompe l'oeil du budget de la culture 2008. La manipulation des chiffres ne trompe personne (rebudgetisation de sommes déjà affectées, non prise en compte de l'inflation, gel de crédits), ce budget est bel et bien en baisse. Exemple, non des moindres, les actions en faveur de l'accès à laculture perdent 12 M d'un coup! Toutes les actions culturelles dans les zones rurales, les cités, auprès des publics défavorisés en subiront les conséquences. Et avant tout, les dits publics eux-mêmes!
Le désengagement de l'Etat met en péril la création et l'action artistique. Les compagnies indépendantes dont l'économie repose essentiellement sur ces deux pôles sont particulièrement menacées. Coups durs pour les intermittents du spectacle déjà lourdement frappés par l'application du nouveau protocole qui exclut un nombre croissant d'artistes de toute protection contre le chômage. Coups durs pour la vie artistique dont la diversité et la qualité nécessitent un soutien politique et financier constant. Les collectivités locales, quant à elles voient l'ensemble des politiques culturelles de proximité, d'implantation d'équipes artistiques dans des territoires, de développement culturel remis en cause. Qui devra et qui pourra payer la part manquante?
Ce recul budgétaire s'organise dans le cadre de la nouvelle politique dite de modernisation des politiques publiques. Ce que cache ce publicitaire vocable, c'est tout simplement la réduction de la place de l'Etat et du service public. Faire mieux avec moins, c'est le nouveau crédeau de Mme Albanel, quelle hypocrisie! Le ministère de la culture sera l'un des plus pénalisé par la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). Là encore la conception comptable et économique guide l'action gouvernementale : non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, abandon ou externalisation de certaines missions, compactage des services de l'Etat... En tous les cas diminution des moyens d'intervention et de fonctionnement du Ministère. On ne peut que redouter sa disparition pure et simple et avec elle l'ambition de Malraux de démocratiser la culture et la rendre accessible pour tous!
Nous nous mobilisons pour que l'art et la culture reste un bien commun accessible à tous!
Nous refusons que l'art, la création, la culture soient ainsi bradés à l'économie aveugle du marché!
Nous manifestons aujourd'hui pour dénoncer cette politique qui met le cap au pire!

Rassemblement le mercredi 16 janvier 2008 Préfecture de Caen à 12h00
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MessagePosté le: 16 Jan 2008 à 22:48    Sujet du message: l'appel du 11 janvier 2008 Répondre en citant

L’APPEL DES PROFESSIONNELS DE L’ACTION CULTURELLE CINEMATOGRAPHIQUE

Paris, Saint-André Des Arts, le 11 janvier 2008

Une très forte baisse du soutien de l’État menace aujourd’hui la diffusion et l’action culturelle cinématographique sur tout le territoire. C’est sur la base de ce constat alarmant que les signataires de l’appel à mobilisation Cinéma et audiovisuel : vers le démantèlement de la diversité culturelle ? ont organisé une rencontre de débats et de réflexion le 11 janvier au cinéma le Saint-André Des Arts à Paris.

Plus de 300 personnes cinéastes, producteurs, réalisateurs, distributeurs, chercheurs, comédiens, techniciens, enseignants, responsables de festivals, de salles privées, de salles publiques, d’associations de salles, d’associations culturelles et d’Education artistique, de ciné-clubs, représentants de structures réparties sur tout le territoire se sont réunis pour échanger de la situation périlleuse connue par le secteur de l’action culturelle cinématographique suite aux annonces faites par le Ministère de la Culture.

La démarche à l'origine de l’engagement de fond qui se structure depuis cet automne témoigne de l'extraordinaire richesse des réseaux de l’action culturelle cinématographique, de leurs engagements et de leurs attentes. Ces paroles publiques marquent aujourd’hui la détermination des acteurs à se réunir et à défendre les principes et les fondements qui ont permis de structurer et de qualifier depuis des années une politique fondamentale de création, de diffusion et de transmission.

Cette mobilisation et le mouvement qui émergent ici mobilisent transversalement, de manière convergente et solidaire. Elle concerne les terrains qui fondent le sens de nos engagements au quotidien. Ces engagements singuliers sur des terrains différents sont communs. Ils posent la nécessité de défendre le principe de la diversité, de la recherche et de l’exception culturelle en matière de cinéma et d’audiovisuel dans une logique de partenariat et de dialogue permanent avec l’Etat.

Au regard de l’esprit d’échange et d’ouverture, au cœur de toute démarche politique en matière artistique et culturelle, nous attendons aujourd’hui de l’Etat un véritable positionnement en faveur des réseaux de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle. Sur les territoires, partout en France, ces acteurs, ces projets, fondent le socle de l’intervention publique du cinéma.

Nous refusons le double langage, les multiples déclarations d’intention et la gestion de la communication publique qui prévalent aujourd’hui et ne pourrons considérer les évolutions à venir que sur la base d’une concertation réelle.

C’est pourquoi, dans la perspective d’un dialogue ouvert, il nous apparaît indispensable et plus que légitime que les professionnels des filières de l’action culturelle cinématographique dans sa diversité participent aux entretiens de la rue de Valois organisés par le Ministère de la Culture et de la communication. Il en va de la crédibilité des orientations du ministère en matière d’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, et au-delà, de l'ensemble des actions entreprises dans le cadre d'une politique ambitieuse en direction du cinéma.

Cette journée du 11 janvier ne clôt pas une mobilisation professionnelle de circonstance, elle ouvre la voie à un nouvel engagement solidaire et transversal de l’ensemble des acteurs de l’action culturelle cinématographique.

Des rendez-vous seront pris tout au long de l'année, le festival de Cannes sera l’objet d’une nouvelle mobilisation. D’ores et déjà, nous invitons tous les partenaires de l’action culturelle à réfléchir à une action de fermeture des salles ou à l’organisation de débats le soir de la cérémonie des Césars le 22 février prochain.

Dès ce vendredi 11 janvier sont actées :

- la création d’un collectif national de l’action culturelle cinématographique qui appellera prochainement à l’organisation d’Etats Généraux de l’action culturelle cinématographique ;

- la demande faite au Ministère de la Culture et de la communication de voir les professionnels des filières de l’action culturelle cinématographique représentés dans leur diversité participer aux entretiens de la rue de Valois organisés par le Ministère de la Culture et de la communication.

Nous appelons l’ensemble des partenaires à poursuivre la signature de l’appel et à rester en contact ou à apporter tout témoignage, toute contribution écrite à travers le site provisoire : http://cinema-diversite-culturelle.blogspot.com.
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MessagePosté le: 16 Jan 2008 à 22:49    Sujet du message: La réponse budgétaire de l'Etat ne calme pas la grogne du c Répondre en citant

LE MONDE | 15.01.08 | 16h07 • Mis à jour le 15.01.08 | 16h07

La réponse budgétaire de l'Etat ne calme pas la grogne du cinéma

Cela ressemble à un jeu de chaises musicales. Destinée à redonner de l'oxygène au spectacle vivant dans un contexte financier tendu, la rallonge budgétaire de 34,8 millions d'euros, promise par le ministère de la culture et de la communication (Le Monde du 17 décembre 2007), devra finalement être partagée avec le cinéma. Les principales victimes des arbitrages budgétaires en 2008, comme les petits festivals et les actions éducatives, pourraient récupérer 5 millions d'euros sur ce total.

Pas de quoi réjouir le spectacle vivant, pour lequel cette rallonge ne suffisait déjà pas à compenser le "gel" de 6 % de l'ensemble des crédits de la culture dans le budget 2008. "Si nous sommes solidaires du cinéma dans cette enveloppe, il faut que l'Etat trouve de l'argent supplémentaire", commente François Le Pillouër, président du Syndicat des directeurs de scènes subventionnées (Syndeac).

L'intégration du secteur cinématographique à la rallonge budgétaire qui ne lui était initialement pas destinée est une première réponse de la Rue de Valois à la menace de forte baisse des crédits déconcentrés accordés par les directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Celle-ci inquiète les organisateurs de festivals, les associations régionales de cinéma et les associations liées à l'éducation artistique, notamment en milieu scolaire.

Vendredi 11 janvier, la salle du cinéma Saint-André-des-Arts, à Paris, était pleine à craquer de réalisateurs (Nicolas Klotz, Nicolas Philibert, Lucas Belvaux...), de producteurs, de distributeurs et de représentants des associations, souvent régionales, qui travaillent dans les petites structures liées au cinéma, pour réaffirmer à quel point "toute baisse du soutien de l'Etat menace la diffusion culturelle du cinéma" et serait "catastrophique pour l'ensemble de la filière". Leur ambition : "redonner un sens à la part non rentable" du cinéma.

PROFESSION DE FOI

Le ministère apporte une seconde réponse aux problèmes budgétaires des festivals : une trentaine parmi les plus importants, comme ceux de Marseille (documentaire), de Clermont-Ferrand (courts métrages), d'Annecy (animation), de La Rochelle (films internationaux), seront désormais financés exclusivement par le Centre national de la cinématographie (CNC).

Grâce à la taxe supplémentaire appliquée aux nouveaux distributeurs de télévision, comme les fournisseurs d'accès à Internet, le fonds de soutien du CNC augmente. 1,5 million d'euros servira à maintenir le financement de ces gros festivals. L'incertitude reste entière pour des centaines d'autres petits festivals, dont le sort demeure lié à celui des DRAC.

Dans ce climat houleux, le ministère de la culture cherche à calmer le jeu et affirme que l'éducation au cinéma reste une priorité. Malgré cette profession de foi, aucune rallonge budgétaire dans ce secteur n'est envisagée avant 2009. Et l'assurance de la Rue de Valois que les budgets 2008 seront équivalents à ceux de 2007 ne suffit pas à rassurer les professionnels.
Nicole Vulser

Article paru dans l'édition du Monde du 16.01.08.
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MessagePosté le: 16 Jan 2008 à 22:50    Sujet du message: dépêche AFP du 10 janvier 2008 Répondre en citant

Par Rébecca FRASQUET AFP - Jeudi 10 janvier, 18h35

PARIS (AFP) - Des organisateurs de festivals de cinéma, des associations et d'autres professionnels de la diffusion des films sur le territoire rendront publiques, vendredi lors d'un débat à Paris, leurs craintes d'un "désengagement de l'Etat" en matière d'action culturelle cinématographique.

Vendredi matin au cinéma Saint-André des Arts, au coeur du Quartier latin, se rassembleront certains des quelque 200 "acteurs de la diffusion culturelle et de l'éducation artistique" signataires d'un appel à la mobilisation lancé le 7 décembre, pour dénoncer "une très forte baisse du soutien de l'Etat, qui menace la diffusion culturelle du cinéma et de l'audiovisuel".

"Nous craignons des baisses de crédits de l'ordre de 20% qui mettraient en péril le déroulement d'un grand nombre de manifestations et d'animations réalisées dans les salles par un important maillage associatif", explique à l'AFP Antoine Leclerc, délégué général de l'association Carrefour des festivals, qui fédère une cinquantaine de manifestations.

"Nous redoutons l'abandon, sans concertation préalable et dans la plus grande improvisation, de subventions versées par exemple à des petites structures en zone rurale, qui pourraient tout simplement fermer", dit-il.

Ces craintes portent sur le sort de 5 millions d'euros de subventions de l'Etat versées chaque année par les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l'action culturelle cinématographique, de l'éducation à l'image et de l'organisation de festivals.

Au ministère de la Culture, on assure ces jours-ci que les DRAC continueront à subventionner ces associations grâce à la "nouvelle enveloppe budgétaire" de 34,8 M EUR débloquée en décembre.

Cette rallonge a été décidée après l'inquiétude soulevée cet hiver dans les milieux du spectacle vivant par un budget 2008 jugé insuffisant.

"Tout a été fait pour que les budgets soient rétablis, c'est maintenant aux DRAC de gérer leur enveloppe au cas par cas et de communiquer avec leurs
interlocuteurs: les associations", a indiqué le ministère à l'AFP jeudi.

"Il n'y a aucune volonté de réduire ces financements et surtout pas dans le domaine de l'éducation à l'image" où les actions devraient "être renforcées, comme le préconise le rapport Gross" sur l'éducation artistique et culturelle.

Seul changement: une vingtaine de festivals à la notoriété importante tels que le Festival du film d'animation d'Annecy, celui de courts-métrages de Clermont-Ferrand ou Premiers plans d'Angers, ne seront plus subventionnés par les DRAC mais par le Centre national de la cinématographie (CNC).

On en revient ainsi à la situation qui prévalait avant la décentralisation mise en place au début des années 2000.

Chaque festival sera contacté par le CNC dans le courant du premier trimestre, "la liste est en train d'être constituée", dit-on au ministère.

Dans la foulée, des discussions sur le développement des actions d'éducation à l'image sont prévues entre le ministère et les associations "dans les semaines à venir", indique la même source.

Toutefois l'inquiétude restait vive jeudi, plusieurs sources officielles ayant indiqué à leurs interlocuteurs qu'il "manquerait toujours autour de 800.000 euros au niveau national", selon des témoignages recueillis l'AFP.

"Nous n'avons eu aucune assurance quant au maintien des subventions versées à toutes nos activités en amont ou en aval du festival dans le cadre de l'éducation à l'image", indique Georges Bollon, l'un des délégués généraux du Festival de Clermont-Ferrand.
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MessagePosté le: 16 Jan 2008 à 22:51    Sujet du message: Dépêche AFP 11 janvier : Appel à une grève des cinémas indés Répondre en citant

Appel à une grève des cinémas indépendants le soir des César

PARIS, 11 jan 2008 (AFP) - 11/01/2008 15h33 - Un appel à la fermeture des cinémas indépendants le 22 février au soir, pendant la cérémonie des César 2008, a été lancé vendredi par des professionnels et des associations pour protester contre un "désengagement de l'Etat", selon eux, en matière d'action culturelle cinématographique.

Cet appel a été lancé à l'issue d'une assemblée générale à Paris réunissant trois cents personnes, producteurs, réalisateurs, acteurs, enseignants, responsables de festivals, de ciné-clubs et d'associations d'éducation artistique.

Regroupant une cinquantaine de salles, l'Association des cinémas de proximité en Aquitaine est à l'initiative de cette "grève des cinémas" : les cinémas qui souhaitent se joindre au mouvement sont invités à rester fermés le 22 février au soir ou à organiser des débats sur l'action culturelle.

Les participants de l'assemblée générale parisienne ont acté également la création d'un collectif national.

Président d'un pole d'éducation populaire cinéma-théâtre, l'acteur Robin Renucci a dénoncé "l'érosion des budgets".

Selon Antoine Leclerc, délégué général de l'association Carrefour des festivals qui fédère une cinquantaine de manifestations, "des baisses de crédits de l'ordre de 20 % mettraient en péril le déroulement d'un grand nombre de manifestations et d'animations réalisées dans les salles par un important maillage associatif".

Le cinéaste Eric Guirado ("Le fils de l'épicier") s'est dit "blessé et insulté" contre "des coups portés notamment aux festivals de cinéma et salles indépendantes, caisses de résonance de nos films".

Olivier Meneux, responsable de l'Association Cinéma et Audiovisuel en Picardie (ACAP), et porte-parole du collectif, a annoncé l'organisation "d'états généraux de l'action culturelle cinématographique".

Les craintes portent sur le sort de 5 millions d'euros de subventions de l'Etat versées chaque année par les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l'action culturelle cinématographique, de l'éducation à l'image et de l'organisation de festivals.

Au ministère de la Culture, on assure que les DRAC continueront à subventionner ces associations grâce à la "nouvelle enveloppe budgétaire" de 34,8 M EUR débloquée en décembre.
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